L'ÉTRANGER

est au dehors...outre...et moi, je suis étranger et - en outre - outré.

Le premier jardin, l'Éden légendaire, n'était pas hors, mais il était bien sûr sauvage. Comme moi aussi, et farouche.

Le vrai jardin, c'est le jardin sauvage. Les autres sont des construits meurtriers.

Le mot jardin est germanique - apparanté à garde et gardien (le G dur s'amollit à J selon les lois philologiques) et ward/guard en anglais. Le W germanique, comme le V latin, devient souvent le GU en français : war > guerre ; vespa > guêpe.

Dans la langue qui ne m'est pas maternelle, la langue du seul pays européen d'une démographie typique sans (hors) villes (des immigrés nordiques ou normands, anglais ou huguenots), sans (hors) villages, le mot latin (hortus) est emporté comme GORT (selon les lois philologiques le H devient rapidement G, comme en russe) - ce qui est un petit champs arable ou potager : c'est à dire hors jeu pour les bestiaux dans cette île au bout du monde occidental, hors l'Empire romain, au delà de la Finis Terra, sous le règne du Taureau - l'ile du coucher du soleil, tirant sont nom, comme la Suède, pour une déesse beaucoup plus subtile que les dieux rigides des pauvres monothéismes...la déesse Éire, aspect charnel-tellurique de la triple-déesse lunaire...

Qui êtes-vous ?

Ma photo
a sub-social person - au ban de la société

Dans le Jardin d'Éden

la femme n'avait pas grande envie de manger la pomme...
ou la grenade...ou la figue -
mais l'homme, gonflé et obèse de son testosterone,
pris d'une de ses crises journalières de sadisme -
c'est à dire de désir du pouvoir absolu -
l'y avait contrainte,
en la battant d'un serpent rembourré
de figues pourries, ou d'une galantine
des testicules de son père-dieu poilu.

lundi 11 avril 2011

Printemps 2011














Cognassier en fleurs, avec le pommier-sauvage rose à gauche.
Les falaises d'Anglars sont au fond.

vendredi 17 juillet 2009

Migration

Ce blogue-ci a migré vers
www.beyond-the-pale.co.uk/hortus.htm

This blog has moved to
www.beyond-the-pale.co.uk/hortus.htm
with a summary in English.

samedi 13 septembre 2008

Je viens d'acheter

un jardin-potager dans le 'marais' de Saint-Antonin-Noble-Val, anciennement le jardin des Célestines, qui s'appelle Le Tour du Pré (anciennement les Jardins de la Porte du Pré). Dans les années 1970 on a construit quelques villas sur les terrains potager, surtout aux bords des routes, mais il existe encore une bonne douzaine, dont quelques abandonnés - comme le mien les dernières vingt années..

Aujourd'hui j'ai 67 ans. Je suis solitaire. Donc je ne gaspillerai pas beaucoup d'effort en travaillant la terre. La vie c'est pour vivre, pas pour labourer. Et j'aime les jardins sauvages - comme le petit réfuge de blaireaux que j'aménage en Irlande du Nord, où, parmi les ajoncs et les sureaux, j'ai planté des arbres.

La plupart des jardins et des potagers me semblent trop artificiels, trop labourés et 'contre-nature'. Je vais laisser mon potager (9 x 40 m) plus ou moins comme il est - avec des ronces et des herbes dites mauvaises - en plantant des arbres fruitiers (greffés par le génial Christian Mercadier de Laguépie) en Quinconces.

La terre est bonne et bien humide,. Aujourd'hui j'ai commencé à bècher les trous pour :
un nèflier
un plaqueminier
un cognassier
un 'pomme sauvage' Malus 'Everest'
un abricotier
deux pruniers (très tôt et très tard)
trois pommiers (dont Violette une variété très ancienne)
un amelanchier (qui ne produit pas les amelanches, mais les baies d'amelanchier)
un amandier
ainsi qu'un gaspillier (Vitex agnus-casti) que plantaient des moines dans leur jardins monastiques, dont les fruits tempéraient le testostérone. (Quelle bonne idée!)

On ne cultive plus le prunier de Saint-Antonin, qui survit comme vieux arbres fatigués, plantés jadis le long des chemins, autour des fermes, ressurgis parfois dans quelque ancienne pâture. La petite prune Anthony a une peau de velours, d'un violet-bleu dans son ovale parfait. Par dessiccation du fruit juste mûr, au soleil d'abord, finition au four tiède, dans les banastes en osier, elle donne un petit pruneau ridé, celui dont les habitants du coin faisaient commerce (dès le XIVe siècle) par voie fluviale et maritime, jusqu'en Angleterre et aux Pays-Bas. Je vais chercher un arbre pour que Monsieur Mercadier puisse faire des greffes.

Mon potager n'est pas clôturé - ce que j'aime, parce que je ne suis pas à l'aise d'être propriétaire. C'est hors les murs - et sans murs....
...avec de belles vues de l'amphitéâtre de falaises et de collines qui entourent Saint-Antonin, percées par deux rivières : l'Aveyron et la petite Bonnette, qui sont ici les limites du Rouergue. L'autre côté de la Bonnette, c'est le Quercy ; sur l'autre rive de l'Aveyron, on est dans l'Albigeois.


LE 5 OCTOBRE

J'ai brulé trois-tiers du jardin, où poussaient des ronces et des efusains communs. Malheureusement, j'ai effarouché plusieurs serpents qui fuyaient le camp. J'espère qu'ils rentreront dans leurs petits trous.

Le puits n'est plus qu'un trou boueux. J'ai bèché un peu, mais je vais le laisser petite mare (ou plus) en hiver-printemps, et trou boueux en été-automne.


LE 2-5 NOVEMBRE

Juste après la première pluie depuis le mois d'août, suis allé chez Monsieur Mercadier, sur la rive droite du Viaur (rivière la moins polluè de la France, parce qu'il n'y a qu'un village proche à ses eaux, sur la rive gauche), pour transporter dans ma camionnette les beaux spécimens de fruitiers qu'il m'a vendus.
Et dans la pluie qui continuait, je les ai planté tous - sauf le nèflier, que je devrai chercher plus tard - avant de partir en Irlande.

Par un bon hasard, j'ai planté le cognassier dans un endroit qui s'inondait après trois jours de pluie.


LE 22 DECEMBRE

Rentré de l'Irlande, je suis allé pour la troisième fois à la rive du Viaur, et j'ai reçu un très beau néflier, également quelques groseillers à macquereaux pour sous-planter dans le verger.

J'ai élagué tous les arbres que j'ai planté, pour qu'ils poussent mieux sur leurs racines coupées.

J'ai sous-planté des bulbes d'ail sauvage, de jacinthe des bois, de lys des Pyrénées, ainsi que des petites plantes de pervenche (3 variétés), une grande campanule (1,5 m), des digitales pourprées, une agastache, de la buglosse toujours-verte, des menthes (4 variétés), de la marjolaine sauvage, geranium pratense aux fleurs roses, bien envahissante, etc. - avec des graines de plantes sauvages. Toutes emportées de mon jardin irlandais.


LE 23 DECEMBRE

Je suis allé chez un autre Monsieur Mercadier, sur le causse du Bosc, pour bècher des drageons du prunier de Saint-Antonin, dont il a plusieurs dans une haie. Une ancienne institutrice de Saint-Antonin m'avait dirigé vers sa ferme avant mon départ en Irlande, et, lui aussi, je l'ai trouvé très brave : un agriculteur vieux et solitaire, avec 5 chiens, des oies, des poules, des canards...et des champs. Comme antérieurement, la composition de son déjeuner était : un bol de soupe, du pain, du fromage et un pomme.

J'ai planté quelques drageons dans le verger, et un dans un pot sur ma petite terrasse.


LE 24 DECEMBRE

sont arrivés par la poste 5 petites plantes (d'un an) de groseillers à maquereaux, dont 4 variétés :
Spineless, Invicta (2), May Duke et Greenfinch. Je ne peux pas les planter tout de suite parmi le liseron et le chien-dent, comme j'ai planté la Germania ou Whinham's Industry de fruits rouges, que m'a fournie Monsieur Mercadier.


LE 26 DECEMBRE

il neige le matin, mais il ne gèle pas.